Les Clients Rois et esclaves

Publié le par Nico

  Une société de clients rois et esclaves…Quand on achète on a droit au service pour lequel on paye, plus le droit d’insulter ou de malmener celui qui nous le rend. Quel immense pouvoir nous est conféré parce qu’on paye. Grand dieu ! L’employé n’a aucun droit de réponse, esclave du Client Roi et de son seigneur : son employeur. Le serviteur est condamné à encaisser les humiliations successives et il fait du mieux qu’il le peut son travail. Sinon celui qui paye ne viendrait plus payer ici ou le chef lui dirait :<<Tu vois la porte là ?>>.Avec un geste directionnel du doigt.
  Il arrive parfois que l’esclave paye lui aussi pour un service. Alors du coup il devient, un instant Client Roi. Rien de pire que les esclaves à qui on donne le pouvoir momentané du Maître payeur. Il ACHETE QUOI ! Il a, enfin, sa participation au capital qui s’effondrerait sans doute sans lui ou l’entreprise licencierait. Celle-ci, du coup lui donne les pleins pouvoirs et certains ne se gênent pas pour les prendre. C’est LEUR POUVOIR D’ACHAT ! En fait, ils se font enflé jusqu'à l’os, esclave de ce qu’on leur vend et du mesquin pouvoir qui leur est consenti. Le droit du mépris de l’autre octroyé par l’argent.
  Le Client Roi reste bloqué dans sa demande. Enfermé dans sa bulle de payeur pour qui rien ne doit être impossible. Il paye. Le serviteur lui explique gentiment qu’il ne peut pas. L’autre insiste ne comprenant pas qu’il n’est pas tout seul et que les possibles n’aboutissent que si il y a interaction entre deux mondes ou plus… Moi t’écouter, toi m’écouter, ça possible, ça pas possible, nous d’accord ? Il reste imperméable. Il fonctionne en vase clos. Sa frustration éclate. Il en fait payé le pris au petit employé. Ce dernier craque et tout contenu lui dit qu’il n’a pas le choix, que c’est comme ça et puis c’est tout !
  Plus tard le petit chef vient le voir. Il lui remonte les bretelles. Il a était trop sec avec le client. Il doit se rendre compte qu’on ne doit pas répondre comme ça au Client Roi car il paye.<<Mais…- Non, tu vois je te sens énervé ! Ce n’est pas bien !>>. Le bas de l’échelle aurait aimé ne serait-ce qu’un peu de compréhension. C’est la fin de la journée, la fatigue, au service de tout les Clients Roi depuis des heures. Juste un petit <<Détends-toi, mais essaye de te contenir au mieux…>>. Mais non, il ne doit pas avoir d’émotions, ne pas fatiguer, ne pas répondre et dire oui Monsieur ou Misié. Etre un robot inusable sur lequel la vie n’a aucun impact. Il n’a pas le choix, esclave de son chèque à la fin du mois. Le petit chef, esclave contremaître, décérébré, a vendu sa personnalité et son ressenti. Tout ça est secondaire. Il a perdu la mesure de l’être humain. Le cerveau dévoué à la cause du Client Roi et des bénéfices de l’ENTREPRISE. Une idéologie : la "culture d’entreprise". La plus judicieuse idée des patrons des grands groupes pour laver les esprits de leurs "collaborateurs". Leur donner une "cause" à défendre…   
 

Publié dans La vie quoi!

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N
Petite réponse tardive à "L'Avocat du Diable".Tu pêches par le fait de me connaître... Je ne parle pas de mon job actuelle. Il m'a servi de rappel et de tremplin pour extrapoller vers des situations dans la grande distribution ou le commerce. L'impératif de contenter le client quoi qu'il en coûte... Tout le monde a un travail "alimentaire"... sauf que certains ont la chance d'avoir un boulot qui leur plaît, de vivre de leur passion, ou d'en avoir une à côté...D'autres ne font que le subir...
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D
Bien dit, Nico. Ce va-et-vient entre l'esclave et le roi est justement perçu.
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L
il est impossible de considérer que l\\\'on fait un travail "le mieux possible" pour prendre ensuite son chèque en fin de mois. Impossible ou en tout cas iréaliste. Cela reviens à sous estimer le système qui t\\\'emploie. L\\\'employeur n\\\'accepte pas de se contenter du meilleur que tu puisses lui fournir si ce meilleur pour toi est le minimum pour lui, en effet il veu qui tu aille au delà et il est payé pour que tu aille au dela (d\\\'aileurs il joue peu être se role autant que tu joue le tient). A la seconde ou tu signe un contrat avec lui tu accepte ses conditions et pas simplement le cadre que tu définie autour de ton besoin. ravaller son sens critique, sa fatigue et sa fierté en sont le prix à payer, et le choix puisque lui t\\\'embauche en sachant que tu n\\\'est là que pour ta subsistance. C\\\'est tout le problème des jobs alimentaire, la douloureuse coontrepartie. Employeur, client, esclave ou autre ne sont que des roles que l\\\'on s\\\'échange avec plus ou moins de talent (comme tu le di). Les gens qui joue à te répondre au téléphone on le droit de te parler aussi mal qu\\\'il le souhaite puisque justement tu ne représente pas toujours pour eux un service quii va avec ce qu\\\'ils on acheté, tu est pour beaucoup la contrepartie. j\\\'ai acheté une bagnolle, ok et pour cela je dois me comporter correctement au téléphone avec un type qui ne me parle que pour gagner sa croute ! mon cul, qu\\\'il aille mourir. Moi gros con, moi client, moi t\\\'envoyer chier car toi déranger moi. Tu choisis ce travail pour les raisons que tu veux mais le client au téléphone, lui, n\\\'a rien demandé et se trouve peu être à des années lumières de ce dont tu lui parle. Je suis polis au tléphone car j\\\'ai fait un job dans le genre, alors je sais comme il est désagréable de se faire malmener alors que le boulot est déja si dure. Il faut aussi respecter le fait que les gens soit ultra solicités (même visuelement) et qu\\\'il ne pense pas forcément avoir un pouvoir avec leur achat mais demande juste à ce qu\\\'on n\\\'en face pas de simple prospet pour un questionnaire. C\\\'est aussi pour ça que le management dans ce secteur est dure avec le moindre écart, car un écart, c\\\'est un individue (aussi con soit il)  qui l\\\'essuit.
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