Bordeaux, UNESCO, Gros veaux.

Publié le par Nico

 Texte republié car éffacé par erreur...

La cour est bondée. Je rejoins un ami que je ne trouve pas dans la foule de supporters où se cachent quelques curieux comme moi. Il y aura peut-être un peu de goûté à gratter... Je scrute toujours les spectateurs de la fin du discours de Juppé. Au moment ou je constate les tee-shirts "Bordeaux-Patrimoine mondiale de l'UNESCO" sur le dos de certains fiers habitants de la ville, le maire annonce la collation à l'intérieur du Palais de Rohan. Une femme décoche derrière moi: «Vu comment ils se sont battues pour trois tee-shirts, j'imagine ce que ça va être pour le goûté! » Je ris. La mauvaise langue... Y'a toujours des gens pour ne voir que le côté négatif des choses... Des gens scandent "Juppé, Juppé, Juppé, Juppé!!!" et en redemandent une autre comme dans les concerts de Sardou. Il reprend le micro et renvoie quelques fleurs. Applaudissements et c'est la ruée vers l'or.
   Non, je n'irai pas chercher ne serait-ce qu'un Cannelé. Je suis désarmé. En même temps, ça ne m'abat pas plus que ça, lutter pour ça, hein... Je n'ai pas FAIM. Le bon peuple bordelais, après le coup de feu de départ du buffet, quitte ses starting-blocks d'un seul homme. Le ventre à terre, la goulue joue des coudes pour arriver à la porte de sortie de l'entonnoir ou d'entrée de la mairie. Plus de "pardon" ou de "Excusez-moi, Monsieur". Cette chère bourgeoisie bordelaise prise dans l'euphorie de la masturbation, gavée, s'oublie, met de côté sa bien séance, elle redevient animale dès que la mangeoire est gratos. Une fois repue, qu'elle aura la peau du ventre bien tendue, elle retrouvera sur qui taper... Le bouchon durera, le goûter, par contre, sera explosé au bout d'un quart d'heure...
Je retrouve mon ami dans l'entonnoir de sortie et d'entrée, de la cour de la mairie. Nous nous regardons le sourire en coin. Mieux vaut rire que pleurer. Il nous reste heureusement la dérision. Enfin dehors, nous allons nous stationner sur le géant UNESCO écrit en paillassons d'herbe posés sur la dalle grise de la place. On commence à tailler dans le gras de l'évènement toujours avec le sourire mais jaune et là se pointe un vieux zélé:

- Il ne faut pas marcher sur l'herbe. Ils prennent des photos. C'est pas bien. Nous  dit-il, plein d'aménité pour la nouvelle gloire de Bordeaux et comme si ces rectangles de pelouse sortis d'usine étaient classés eux aussi.
- Elle a déjà été prise la photo. Je lui réponds, en ayant été informé plus tôt.
- Oui, mais ce n'est pas bien quand même. C'est une preuve de mauvaise éducation. Ajoute t'il le doigt en l'air.
- Ben oui, alors on est nombreux. Enfin, oui, si vous voulez. Je lui rétorque plein de répartie et trop fort en rhétorique...

  Un peu cloué et gêné, je reste planté là à le regarder dans les yeux et il finit par partir retrouver seul ses pensées de flic du vent. Tout ça parce que nous étions sur des carrés de pelouse posés sur le sol d'une place en ville alors que la fête est finie, que la photo est prise... C'est la goûte, on campe encore un peu et on finit par quitter le C du UNESCO vert...
  Je pense qu'il n'est pas venu nous voir, nous, jeunes, par hasard alors qu'il y avait du monde sur l'herbe. Il déballera assurément à ses amis l'habituelle litanie sur le manque de respect des jeunes ponctuée d'un bon "A notre époque, hein, c'était quand même autre chose". "Tu rends compte!? Sur la pelouse artificielle! Oooh!"
  L'éducation, tout ça, ne sont que des mots. Les porcs avec les dents du fonds qui baignent déjà qui se gavent au banquet qu'offre le prince les poches pleines de prise illégale d'intérêts et de recel d'abus de biens sociaux, n'ont pas mal de faire des leçons. Ils ont la mémoire courte et sélective tant qu'on leur donne du prestige, des bouffonneries, du spectacle complaisant et des réceptions à petits fours et champagne. Ils aiment les chefs qui les flattent et leur donnent l'impression d'appartenir à une sorte de cour privilégiée.
J'aime Bordeaux, grand bien lui fasse d'être classée à l'UNESCO. Je la trouve belle mais je l'aime intimement pour l'histoire que je partage avec elle, pas pour son prestige et ses façades rénovées même si c'est joli. Je ne m'approprie pas son Histoire, ni son rayonnement dans le monde pour me gargariser bourgeoisement d'être de Bordeaux. J'ai habité ses murs, je hante toujours ses rues. Je l'aime car elle est le contenant des âmes multiples qui la rendent vivante. Ces bourgeois à la vanité d'être bordelais ne connaissent pas bordeaux. Ils ne connaissent pas ses nuits, ses endroits sales, ses quartiers populaires, ses errants, sa culture développée par les associations, les bars, les habitants, bien plus active et éclectique que celle de l'Opéra de Bordeaux. Ca ne les intéresse de toute manière pas et ils se foutent que ça en intéresse d'autres, c'est à dire une part bien plus représentative et importante (en nombre) de bordelais que la leur. Ils en aiment la forme clinquante en en ignorant et en en méprisant l'essentiel de la vie "intérieure".

  Pour reprendre la forme d'une phrase d'un dessin de Cabu en couverture de Charlie-Hebdo au moment de l'affaire des caricatures de Mohamed:
Bordeaux débordée par les bourgeois: «C'est dur d'être aimée par des cons... »
La phrase originale commençait par <<Mohamed débordé par les intégristes...>>

Publié dans La vie quoi!

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
B
putain on vien d'écrire un commentaire en même temps nico !!! Et c pas bien de balayer les remarque de " sans nom" comme ca, si tu fais un blog simplement pour dire merci à ceux qui te dise que t'es beau et sympa c'est pas cool   ;)
Répondre
B
le commentaire du dessus est un peu haineux mais pas complètement faux. J'étais présent sur les lieux et ne suis pas convaincu qu'il y avait autant d'intentation derrière la remarque "du con" , tout le problèem viens peu etre des a priori que les uns ont sur les autres, des deux côtés. Je n'avais pas eu l'occaison de demander à Nico ce qu'il avait contre la prog du grand théatre, qu'à t'elle à envier à celle de la centrale ? Je vois mal. Combien d'établissement associatif réunisse grace à leur souplesse tarrifaire des mamis en col fourrure, de jeunes étudiants currieux et des familles moyenne (derrière des oeuvres classiques autant que de l'avant garde) ? J'en vois peu. Jupé n'est pas derrière toutes les institutions de Bordeaux. Bref Je trouve ce commentaire un peu raise, je suis juste d'accord sur le fait que le blaireau du vernissage de la mairie n'est pas plus éveillé que le blaireau d'autres inaugurations (d'ailleurs moi même... ) 
Répondre
N
>Sans nom.Arrêtes de les fréquenter trop... ça a l'air de t'aigrir et tu tombes dans un dénigrement plutôt définitif de tout et de rien trés "supérieur" et suffisant...
Répondre
N
"Ces bourgeois à la vanité d'être bordelais ne connaissent pas bordeaux. Ils ne connaissent pas ses nuits, ses endroits sales, ses quartiers populaires, ses errants, sa culture développée par les associations, les bars, les habitants, bien plus active et éclectique que celle de l'Opéra de Bordeaux."Les gens de l'opéra choisissent l'opéra, les gens des bars et de la culture qui tourne péniblement autour subissent les bar. Je fréquente ça et là les alentours de la grosse cloche et du reste, les caves et les petites expos, ils n'ont rien réussie à offrir d'autre que du mauvais vin  et de la complésance à l'égard d'un petit cercle qui tourne autour, qui n'a souvent pas grand chose à faire d'uatre. Opposer les bourgeois ou Artisteux de bar est surement le raisonement le plus Sarkosiste qui soit. Celui qui t'a parlé était j'imagine, un simple con. il doit trainer dans ses bar à lui, flatter sa propre petite culture, cirer ses pompes lorsque tu cires les tiennes. Le con, s'estime toujours au dessus de lot. celui des bars ou celui des belles pierres brasse le même vent, lutte contre le même ennuiuiuiuiiiiii.....
Répondre